ARTISTE PLASTICIEN
Strasbourg, France
Né à Saverne en 2002, Bastien Claudon a grandi dans une famille franco-portugaise. Installé depuis 2020 à Strasbourg où il travaille, sa pratique artistique s’inscrit dans les champs du drag et de l’art queer. A travers l’installation, la sculpture et la performance vidéo, il propose des expériences festives, à la limite de l’art et du divertissement. Son travail mêle donc les pratiques issues de la cultures drag à son héritage culturel portugais et nous transporte dans des espaces où se rencontrent la fête et la mélancolie : la boîte de nuit, la ballroom, ou encore le club de fado et le cabaret. Il interroge ainsi les rapports entre les espaces de célébration et l’expérience de la mélancolie.
OEUVRE
TYPE
ANNÉE
6
DANCING ON MY OWN
INSTAL.
2024
5
MEDO
VIDÉO
2024
4
13 À TABLE
VIDÉO
2024
3
TRUE COLORS
INSTAL.
2023
2
PRIÈRE
TEXTILE
2023
1
DANS MA VALISE
INSTAL.
2023
© 2026 BASTIEN CLAUDON
6.
TYPE : INSTALLATION
2024
aluminium et bois peints, 266*40 cm
Dancing On My Own est un phare rouge et blanc qui imite ceux que l’artiste a vu dans son enfance sur les côtes portugaises. Son sommet est orné d’une lanterne, habituellement destinée à abriter un projecteur et une lentille, mais ici remplacés par une boule à facettes. Celle-ci diffuse des rayons lumineux, plongeant tout l’espace environnant dans une spirale colorée. Avec cette œuvre, je propose une rencontre imaginaire entre le port de pêche et la boîte de nuit. Cet espace surréaliste offre une vision de la fête, oscillant entre joie et mélancolie. A l’origine de la conception de ce projet, on trouve l’expérience de la solitude. Liée à la mélancolie, cette solitude constitue à la fois les fondations du phare, qui s’érige à la fois en métaphore de l’isolement et en point de repère. Les lumières de la boule à facettes transforment l’expérience initiale de la solitude en une célébration festive.
5.
TYPE : VIDÉO
2024
vidéo, 5’14”
Dans cette vidéo inspirée du cinéma de David Lynch et Pedro Almodovar, deux personnages sont mis en scène. D’une part, l’artiste jouant son propre rôle assis au bar, et d’autre part, une chanteuse de fado, également interprétée par l’artiste, qui se produit en playback sur la chanson « Medo » d’Amalia Rodrigues. La chanteuse de fado adopte les tenues, gestes et attitudes de l’interprète original de la chanson. Elle représente ainsi le genre musical traditionnel portugais du fado dont le thème de prédilection est la saudade, une forme de mélancolie profonde célébrée et interprétée dans des restaurants ou des bars aujourd’hui très prisés des touristes. Cependant, ici, le lieu est indéterminé. Bien qu’il s’agisse apparemment d’un bar, le décor scintillant évoque davantage les spectacles de drag queens que les clubs de fado traditionnels. Cette ambiguïté est renforcée par le personnage de la chanteuse, que l’artiste incarne en se travestissant. La vidéo met en confrontation les regards et les émotions des deux personnages : d’un côté, l’artiste fixe intensément la chanteuse, ses yeux passifs finissant par verser une larme, tandis que le regard de la chanteuse de fado vit au rythme de la mélodie. Ces deux personnages représentent le mélange subtil de désir et de manque propre à la saudade, alternant entre passivité et agressivité, mouvement et immobilité, plainte et admiration.
4.
TYPE : VIDÉO
2024
vidéo, 10’33”
13 à table est une vidéo qui restitue un roast coécrit par Bastien Claudon et Antoine Hoffmann, réalisé lors d’une micro-résidence avec les étudiant.es du master Arts Plastiques de l’Université de Strasbourg. S’inspirant de la célèbre fresque La Cène, peinte par Léonard de Vinci en 1498, les étudiant.es et les professeurs, vêtu.es de draps, sacs de couchage ou couvertures pour imiter les apôtres, sont installé.es autour d’une table de banquet. La pratique du roast s’inspire de la pratique du reading, une joute verbale issue de la culture drag où les participant.es se moquent les un.es des autres. Le but n’est pas de blesser, mais de faire rire le public. En se moquant des protagonistes de la vidéo, l’artiste vise à provoquer un rire cathartique, invitant chacun.e à rire de soi et à permettre aux autres de faire de même. L’objectif de cette autodérision est de libérer les participant.es de leurs tabous et de former une communauté. Les rôles joués par les participant.es dans ce tableau vivant agissent alors comme un film protecteur, les anonymisant et permettant aux spectateur.ices de rire avec elles et eux.
3.
TYPE : INSTALLATION
2024
bandanas en coton, dimensions variables
True colors est constitué d’un filet fait d’une trentaine de bandanas colorés suspendu à un peu moins de deux mètres du sol. Les bandanas ont été découpés en bandelettes, puis noués pour former des mailles. Certaines bandelettes pendent du filet, tombant à la hauteur du visage des spectateur.ices. Par terre, le sol est jonché de gros confettis réalisés à partir des chutes des bandanas. Cette installation se déploie donc sur deux plans : sous les pieds des spectateur.ices et au-dessus de leurs têtes. Au sol, les confettis semblent devenir le signe d’une fête terminée. Le filet, quant à lui, rappelle les banderoles colorées qui décorent les chapiteaux ou les fêtes d’anniversaire. Sans qu’on ne sache d’où viennent ces éléments, ni ce qu’ils célèbrent, ils dialoguent et dessinent un espace. Si cet espace semble pouvoir se refermer sur les spectateur.ices, il n’en est pas moins ouvert : la lumière ambiante projette l’ombre des mailles sur le sol, les murs et sur les spectateur.ices. Comme un vitrail, le filet nous invite à lever les yeux, vers ses couleurs.
Ce travail naît d’une réflexion sur les langages de la fête. Entre les années 1970 et l’avènement d’internet, porter un bandana dans la poche arrière de son pantalon était l’un de ces langages. Cette pratique était un code, signifiant que celui qui portait le foulard était homosexuel. Le placement – dans la poche droite ou gauche – et la couleur du bandana donnaient des précisions sur les pratiques sexuelles de celui qui le portait. Ainsi, les autres hommes homosexuels qui repéraient le foulard savaient qu’ils avaient à faire à un partenaire potentiel. Ce code secret permettait, non seulement de rencontrer des hommes, mais aussi de former une communauté et d’en identifier les autres membres. D’une part, True Colors joue sur cet usage des bandanas comme outil de séduction – autrement dit, de « pêche » – en les transformant en filet. Et d’autre part, le filet représente cette communauté de corps reliés, incarnés par les bandanas noués entre eux.
2.
TYPE : TEXTILE
2023
acrylique et cyanotype sur coton et lin, 120*50 cm et 120*40 cm
« Das maos de Deus tudo aceito, mas que eu morra em Portugal ». Cette phrase – la dernière du fado « Prece » chanté par Amalia Rodrigues en 1990 – résonne pour l’artiste comme un vœu. Elle traduit une volonté obsessionnelle : celle de mourir au Portugal. Cette prière est inscrite sur deux banderoles en tissu habillées de cyanotypes représentant des azulejos. Ces carreaux de céramique traditionnels recouvrent les façades des maisons portugaises. Célèbres dans le monde entier, ces motifs constituent la toile de fond d’un pays dans lequel il voudrait à tout prix se fondre. L’absurde de cette volonté se manifeste par l’impossibilité des lettres, tantôt blanches sur fond très clair, tantôt ornées des mêmes motifs que le fond, à se fondre elles-mêmes dans les banderoles.
1.
TYPE : INSTALLATION
2023
valise en carton, vidéo, 50*70 cm, boucle de 4’05”
Pour toute une génération de d’immigré.es Portugais.es, la valise en carton est un véritable symbole. C’est avec ce seul bagage qu’ils et elles sont arrivé.es en France dans les années 1960 et 1970. Ici, la valise devient un portail ouvert vers la terre d’origine. L’artiste projette l’image ralentie de l’océan Atlantique filmée depuis les plages de Porto dans une valise vide. L’océan, à la fois une masse incommensurable et un vide tout aussi incommensurable, devient le seul souvenir transporté dans cette valise. La vidéo ne montre rien de plus que le reflet du soleil sur le battement incessant des vagues. Pourtant, l’océan semble devenir invisible aux yeux des spectateur.ices : l’évidence de l’image semblerait presque la rendre imperceptible à mesure qu’elle se fond avec les motifs du revêtement de la valise.
2025
Si je ne peux inspirer l’amour, je sèmerais la peur
La station LGBTI
Strasbourg, France
(article Pokaa)
2024
Réminiscence
Cryogénie - Espace de recherche-création
Strasbourg, France
Fragmenté
Médiathèque Saint-Thomas
Strasbourg, France
(article des DNA - article du Stift - article COZE)
2024
Ombres portraits
Livre d’artistes (publication collective)
À l’occasion de l’exposition Réminiscence
Sous la direction de Thomas Lasbouygues
2024
Table ronde « Sida Sang Corps »
Musée d’art moderne et contemporain
Strasbourg, France
À l’occasion du colloque « Quand l’oeuvre saigne. Usages et puissances du sang dans les arts visuels des XXe et XXIe s. »
Avec Estelle Pietrzyk, Romain Gilas-Burr et Noémie Mauffrey
2025
Master Arts plastiques - Recherches et pratiques situées
Université de Strasbourg
France
2023
Licence Arts plastiques
Université de Strasbourg
France